Le portrait en rouje
de Garance Vallée
par Jeanne Damas

Cette jeune artiste parisienne travaille l’illustration, l’architecture et le design, avec pour point de départ la relation du corps humain à l’espace qui l’entoure.

Quel est ton parcours ?
J’ai grandi à Paris, dans l’atelier de mon père (le peintre Kriki), entre les peintures et la musique punk, et sors de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris, où j’ai étudié la scénographie. J’ai longtemps pratiqué la danse, une discipline qui a exacerbé ma fascination pour le corps humain. Le rapport du corps à l’espace prend aujourd’hui une place très importante dans mon travail.

Parle-nous de ton travail.
Je peins, je dessine, imagine des intérieurs, des objets, des espaces… Je suis une touche-à-tout passionnée de matière et de forme. Je suis en train de créer mon propre travail, polymorphe avant tout.

Qu’est-ce qui t’inspire ?
Les détails ! Une association de couleurs, une lumière, une atmosphère, la texture d’un objet… J’aime ce qui fait appel aux sens.

Quelles sont tes références ?
Je me plonge souvent dans La poétique de l’espace, de Gaston Bachelard, une réflexion philosophique sur chaque pièce de notre habitat. Les films de Jacques Tati m’inspirent également beaucoup, comme l’univers de Wes Anderson, pour son traitement des espaces et des couleurs, une merveille de détails. En musique, je reviens souvent à l’album Troupeau bleu de Cortex, un groupe jazz-funk français des années 1970 qui est devenue une grande référence pour les samples de hip-hop.

Tes trois adresses fétiches ?
- Chambre noire, un bar du 11ème arrondissement qui propose du vin naturel et de délicieuses assiettes à grignoter.
- La librairie OFR, qui offre une belle sélection de livres et de magazines pointus.
- Le magasin de fournitures Rougier et Plé, à deux pas de chez moi, où j’achète tout mon matériel de travail.

Quelle est ta relation à la mode ?
Elle m’inspire, qu’il s’agisse de formes, de couleurs ou de matières. Mes premiers petits boulots tournaient autour de la mode, et mes parents ont toujours eu un certain sens du style. Elle est une part de ma personnalité.

Comment définis-tu ton style ?
J’oscille entre la penderie de mon mec, la bonne pièce trouvée dans une friperie, une touche de féminité dans les détails et accessoires. Et beaucoup de romantisme dans la façon de porter le tout.

Que t’évoque le mot « rouge »?
Quelque chose de très personnel. Mon prénom fait référence à une plante, la garance voyageuse, dont les racines étaient autrefois pressées pour en extraire un pigment d’un rouge sombre, qui servait à fabriquer de la teinture. Quand je pense « rouge », je visualise cette plante, et la teinte si profonde qu’elle produit.

“ Je suis une touche-à-tout passionnée de matière et de forme. ”

Et la marque Rouje ?
Des basiques féminins et intemporels. J’aime mixer le cardigan LINO en maille épaisse avec un bon pantalon pattes d’eph’ seventies, et des chaussures Céline vintage en peau de crocodile.

Quelles sont tes prochaines actualités ?
Je prépare un gros projet pour le prochain Salon del Mobile de Milan… et mon mariage, au mois de juin !

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