Le portrait en rouje
d'Inès Longevial
par Jeanne Damas

Originaire du Sud de la France et parisienne d’adoption, cette jeune peintre explore la relation entre beauté et violence, sur des toiles qui laissent la part belle à la peau et ses différentes teintes. Un rapport à la couleur que l’on retrouve dans son style vestimentaire.

Quel est ton parcours ?
Je suis née dans le Sud-Ouest de la France. Après un bac Arts Appliqués, j’ai étudié la communication visuelle à Toulouse. J’ai ensuite passé le Diplôme supérieur d’Arts Appliqués avant d’emménager à Paris, où j’ai très vite commencé à travailler. La peinture a toujours été mon médium de prédilection, je me suis donc naturellement tournée vers elle et réussis aujourd’hui à en vivre.

Parle-nous de ton travail.
Mon quotidien fait partie de mon processus créatif. Je travaille la notion de journal intime : des émotions que j’éprouve à un instant T, et que je pose sur la toile à travers des visages et des corps. Ce sont finalement des sortes d’autoportraits, des moments clés de ma vie que les gens s’approprient ensuite pour leur donner un tout autre sens. C’est intéressant de voir comme la façon dont une toile est perçue est propre à chacun.

Qu’est ce qui t’inspire ?
En tant qu’artiste, il est nécessaire d’être constamment inspiré, d’être ouvert à tout ce qui peut amplifier la créativité. Le tout est de se nourrir de ce qui nous entoure, en ce qui me concerne il s’agit de ma famille, des gens que je rencontre, de la nature très présente dans mon travail… L’inspiration est partout, tout le temps.

Quelles sont tes références ?
Les films d’Alfred Hitchcock, notamment la scène finale de La Mort aux trousses. La vision de cette fille habillée de rouge, dans les roches bleues, est sublime. Je suis également très attachée à l’oeuvre de Pedro Almodovar, pour la façon dont il aborde la féminité, les relations matriarcales, et son sens de l’intrigue. Côté littérature, La petite histoire des couleurs de Michel Pastoureau m’a récemment fascinée.

Tes trois adresses fétiches ?
- Le Parc de Bercy, à Paris, un lieu magnifique qui m’évoque la campagne.
- Le Musée Matisse de Nice.
- Chez Gracias Madre, à Los Angeles, un restaurant mexicain vegan.

Quelle est ta relation à la mode ?
Elle m'a toujours attirée. Petite, je regardais les défilés en boucle sur le cable, j’ai ensuite découvert le travail de Raf Simons, notamment pour Dior, qui m’a beaucoup marqué par ses formes et ses couleurs. La façon qu’ont les créateurs d’étudier les combinaisons de formes, de couleurs et de matières est très inspirante.

Comment définis-tu ton style ?
Je mise avant tout, et depuis toujours, sur la simplicité et le confort, mais en faisant toujours très attention aux couleurs. Elles font toute la différence. Les basiques aux teintes pauvres ne m’intéressent pas, j’aime au contraire expérimenter des mélanges de motifs et de nuances.

“ Mon quotidien fait partie de mon processus créatif”

Que t’évoque le mot « rouge » ?
Il m'évoque mon travail, dans lequel il a une place importante. J'en applique une sous-couche en fond de toutes mes toiles, de façon à faire vivre les couleur

Et la marque Rouje ?
Une certaine liberté dans la façon de porter le vêtement, qui met forcément en valeur. Je n’ai pas un style vestimentaire que l’on peut qualifier de très féminin, mais je me suis sentie particulièrement féminine en portant l’ensemble jupe et top à fleurs.

Quelles sont tes prochaines actualités ?
J’expose en ce moment à la Galerie M de Toulouse et prépare des expositions à Berlin, à San Francisco et sur la plage de Guéthary, prévue pour cet été.

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